Les années passent et les vampires restent toujours à la mode, comme le prouvent les productions comme « Twilight », « Hôtel Transylvania », et en remontant un peu plus loin, « Entretien avec un vampire ». L’âge d’or des films de vampires se situe entre 1960 et 1974, Christopher Lee incarne alors Dracula dans un grand nombre de productions de la société Hammer.

Le Dracula qui nous intéresse dans cet article est le film tiré du roman de Bram Stoker, réalisé par Francis Ford Coppola en 1992. Adaptation très fidèle, ce long métrage nous plonge au coeur de la Transylvanie…

Naissance du mythe des vampires

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C’est au 18ème siècle, en Europe de l’Est, qu’apparaissent les premières affaires de villageois qui reviennent à la vie. Pour sucer le sang des vivants bien entendu.

On raconte ainsi que des corps disparaissaient de leur tombe, preuve irréfutable que l’ancien occupant était devenu un vampire. En fait, on peut trouver une explication beaucoup plus simple : il pouvait s’agir d’un simple vol opéré par un des « hommes de la Résurrection », dont l’activité consistait à procurer corps et squelettes à des médecins ou des universités.

De même on suspectait facilement les personnes en bonne santé, aux pommettes bien rouges, mais qui ne sortaient pas le jour. En réalité, ces pauvres gens souffraient d’un trouble qui provoque crevasses, démangeaisons et saignements sur la peau quand elle était exposée au soleil. Cette maladie était assez répdandue dans les pays de l’Europe de l’Est, causée par des mariages consanguins dans la noblesse slave.

Inhumation précipitée, peinture d'Antoine Wiertz

Inhumation précipitée, peinture d’Antoine Wiertz

Mais les cas de vampirisme les plus courants étaient dues aux limites de la science d’alors. Il était encore plus difficile que maintenant de déterminer avec une certitude absolue si un individu était passé de vie à trépas. Ainsi, il n’était pas rare qu’on enterre une personne encore vivante. A son réveil, si elle n’était pas morte d’asphixie avant, elle criait, griffait l’intérieur de leur cercueil, et parfois se mutilait. Et quand on exhumait le corps, on remarquait les griffures sur le cercueil et dans le visage à cause de l’agonie, et on concluait au vampirisme. On peut ajouter à cela la capacité de certains sols à empêcher la décomposition normale des corps, et on se retrouvait avec un cadavre qui semblait toujours aussi frais, malgré une longue période passée en terre. S’ensuivait alors un rituel pour « libérer » l’âme en peine, et protéger ses proches…

Recettes contre les vampires

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Les croyances populaires et les fabulations de toute sorte on rapidement attribué de nombreux pouvoirs aux vampires, et heureusement pour les crédules de l’époque, les faiblesses et vulnérabilités qui vont avec.

On dit que le vampire peut tout d’abord changer de forme à volonté. Il peut ainsi se métamorphoser en brume, en loup ou en chauve-souris et se faufiler partout.

La nuit, pour empêcher qu’un vampire n’entre dans une chambre, il faut en frotter toutes les ouvertures avec de l’ail. On accrochera également une gousse au dessus du lit pour se protéger pendant son sommeil. Torche et feu de cheminée seront également de précieux atouts pour repousser un vampire un peu trop téméraire.

Et si ces précautions ne s’avéraient pas suffisantes, un crucifix porté bien ostensiblement resterait la dernière défense avant la fatalité. Car si par malheur un vampire réussit à sucer le sang d’une victime, celle-ci devient vampire à son tour.

Mais le meilleur moyen de se protéger contre les vampires reste encore de s’arranger pour qu’un défunt ne revienne pas hanter les vivants. Les pratiques étaient nombreuses à l’époque :

  • on clouait le corps du défunt dans le cercueil afin qu’il ne puisse pas bouger en cas de résurrection
  • la tombe était aspergée d’eau bénite pour repousser les démons
  • on brisait les jambes du mort afin qu’il ne puisse plus marcher au cas où il reviendrait à la vie.
  • on lui calait des croix en bois sous les aisselles
  • sa bouche était bourrée d’ail pour l’empêcher de mordre
Bram Stoker

Bram Stoker

Et si malgré tout, il planait de fortes suspicions bien après l’enterrement, on n’hésitait pas à déterrer et ouvrir le cercueil, pour planter au supposé vampire un pieu dans son coeur ou dans sa tête, avant de le décapiter avec une bêche de fossoyeur.

Toutes ces histoires auront inspiré bon nombre d’auteurs. Le plus connu restera Bram Stoker qui nous livrera le fameux roman « Dracula » en 1897. A propos, si vous n’avez jamais lu le roman, foncez, c’est un grand classique qui ne se démode pas ! Et comme il fait partie du domaine public, vous n’avez aucune excuse (cf liens tout en bas).

Mais le conte Dracula du roman est une version très édulcorée et romantique du vrai Dracula…

Dracula, le vrai monstre

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Le premier Vlad à s’être distingué était Vlad II Basarab. Après s’être vaillamment battu contre les Turcs, il est accepté au sein de la Societas Draconis (latin pour « l’ordre du Dragon »), une assemblée de chevaliers qui s’est jurée de répandre à la fois le christianisme et le sang des musulmans. C’est ainsi qu’il prend officiellement le nom de Vlad Dracul (Vlad le Dragon : en Roumain « Drac » signifie dragon, et « ul » est l’article « le »). Il est à tort assez répandu que Vlad Dracul signifie « Vlad le Démon » ou encore « Vlad le Vampire ». Ceci s’explique par le fait qu’en Roumain, le terme « Drac » désigne toutes les créatures mythiques comme les dragons, monstres, et démons. Mais dans le cas présent, « Drac » est bien le dérivé du latin « Draconis », et le doute n’est pas permis. Mais revenons à notre histoire.

Vlad Dracul a un fils, Vlad III, qui prend le nom de Vlad Draculea. Le suffixe « ea » signifie « fils/fille de » : drac-ul-ea se traduit donc par « fils de Dracul » ou « fils du Dragon ». La langue roumaine évoluera, et Draculea deviendra Dracula.

Vlad Tepes

Vlad Tepes

Prince de Valachie au milieu du 15ème siècle, Vlad Dracula reprend le flambeau de son père et continue son combat contre les Turcs. S’il ne tarde pas à son tour à se distinguer sur le champ de bataille, c’est surtout sa sauvagerie et son sadisme qui resteront légendaires à tout jamais. Il est très vite surnommé Vlad Tepes (Vlad l’empaleur) par les Turcs, à cause du plaisir tout particulier qu’il prenait à infliger le supplice du pal à ses victimes.

Dracula réussit à se maintenir au pouvoir en trahissant ses pairs, et en emprisonnant ou massacrant ses ennemis politiques (les légendes racontent qu’il les cuisait et les faisait manger par les membres de leur famille). Tout puissant, ses geôles sont pleines, ce qui lui permet de s’adonner à son loisir préféré : voir des gens terrifiés mourir très lentement. Dracula aimait chosir une cinquantaine de captifs au hasard, leur couper mains et pied, et les empaler sur des pieux en bois. Dans leur lente agonie, les malheureux ne manquaient pas de devenir fous à cause la douleur.

Son règne prend fin en 1476, en même temps que sa folie meurtrière, quand le sultan Mohammed II et son armée entrent dans la ville. Le spectacle qui s’offre à l’envahisseur est d’une horreur sans nom. A chaque carrefour de la ville se dressent des cadavres empalés, leurs membres entassés sur un immense charnier. Cette vision de cauchemar s’étend jusqu’aux portes du palais, d’où le sultan sortira, la tête de Dracula sous le bras.

Dans le cinéma, Dracula restera l’un des deux monstres les plus fascinants et les plus exploités. L’autre se nomme Frankenstein et fera l’objet d’un film dont Kenneth Branagh sera réalisateur et acteur. Mais ça, comme le disait le narrateur de Conan le barbare, c’est une autre histoire…

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